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Le christianisme implanté et le devoir impératif, pour les nouveaux croyants, d'assister aux offices religieux ont amené la division du territoire en paroisses. Leur étendue variait avec la configuration des lieux. Avant toute chose, elle devait permettre à tous les membres d'une communauté de gagner, sans peine, le lieu de culte. Les paroisses se sont formées par groupes d'une dizaine d'unités. La plus importante d'un groupe disposait d'une église, les autres se suffisaient d'un oratoire, d'un autel à ciel ouvert. La paroisse de Reux avait un oratoire, peut-être depuis le VIIe siècle.

Le destin de la paroisse de Reux s'est affirmé quand le système féodal a atteint les paroisses, au milieu du XIe siècle.

 

1°) - L'EPOQUE FEODALE (1050-1500)  

Le passage au système féodal a donné le pouvoir au seigneur et au prêtre, mis un terme à l'administration des paroisses par les Conseils d'Anciens.

   A - UN PREMIER SEIGNEUR A REUX

Vers le milieu du XIe siècle, Guillaume-le-Conquérant choisit l'un de ses compagnons, il le fait chevalier et lui confie l'administration de la paroisse de Reux. Premier seigneur du lieu, il prend le nom de la paroisse et fonde la dynastie de Ros, Roes, Rotis ou Reux, suivant les textes et les époques.

L'autorité du premier seigneur était limitée à la seule paroisse de Reux et son rôle était d'ordre militaire. Pour assumer sa charge de défense, il a dû élever une motte féodale et l'entourer d'un fossé rempli d'eau par la source proche. Pour construire, puis entretenir le système de défense, il frappe de taxes, de rentes seigneuriales des terres tenues en propriété par des paysans. A ce revenu, il faut ajouter celui du "domaine", des terres attachées à la seigneurie. Exploitées en direct, pendant moins de deux siècles, elles seront ensuite données en location.

Le droit de lever des rentes seigneuriales était attaché à la seigneurie. Leur recouvrement s'est poursuivi jusqu'à la Révolution, même si, depuis des siècles, la défense du territoire relevait des seules forces royales.

 

Le nouveau seigneur ne pouvait se satisfaire du modeste oratoire édifié sur la paroisse. Il fait don à la communauté des chrétiens d'une parcelle de terre en limite du domaine. Il la destine à la construction de l'église et du presbytère.

Pour encourager l'édification de nouveaux lieux de culte, le clergé accordait au donateur le droit de nommer le desservant de son choix. Il pouvait aussi se prévaloir du titre honorifique de "patron" du lieu de culte. Le droit de nommer à la cure offrait au seigneur le moyen d'exercer les pleins pouvoirs sur la paroisse. Les représentants de la noblesse ont souvent saisi l'opportunité ; les églises ne sont pas sans raison proches des châteaux.

Le droit de nommer à la cure était attaché à la seigneurie. Son dernier détenteur, avant la Révolution, ne manquait pas de rappeler sa condition de patron de l'église de Reux.

Les deux emblêmes du pouvoir, le château et l'église, étaient en place à Reux, au milieu du XIe siècle.

 

 

 

 
B - LES SEIGNEURS DE REUX

Le premier seigneur de Reux était un compagnon très proche de Guillaume-le-Conquérant :

Quatre représentants de la famille de Ros (Reux) accompagnaient Guillaume à la conquête de l'Angleterre, en 1066 : Anquetil, Ansgot, Geoffroy et Serlon (4). Leurs prénoms indiquent leur origine. Comme le duc, ils sont de souche viking. Aucune famille n'était autant représentée.

Le premier seigneur était un choix personnel du duc de Normandie. Le plus haut représentant de la noblesse sur le duché n'avait pas à distinguer le plus modeste des seigneurs. La faveur est exceptionnelle, elle témoigne de la considération portée à la personne choisie.

Comme le voulait l'usage, le seigneur de Reux a manifesté, par écrit, sa reconnaissance au duc qui lui avait donné un titre, des pouvoirs et des biens. Ses successeurs on fait de même, avec les ducs, puis avec les rois de France, après la reconquête de la Normandie par Philippe-Auguste, en 1204. Cette coutume est connue sous l'expression de "rendre aveu".

Les successeurs du premier seigneur sont restés proches des ducs. Plusieurs ont occupé des postes de responsabilité au château de Bonneville-sur-Touques ou à la vicomté. Le lien entre Guillaume et le seigneur de Reux était non seulement étroit il était aussi profond. Leurs successeurs respectifs lui ont donné un prolongement.

 

Les quatre compagnons d'armes de Guillaume-le-Conquérant étaient-ils d'une même lignée ? L'un d'eux a-t-il été le premier seigneur de Reux ? L'est-il devenu avant ou après la conquête de l'Angleterre en 1066 ? Aucune réponse ne peut être donnée à ces questions. De même, la charge de seigneur de Reux était-elle compatible avec un poste de responsabilité au château ou à la vicomté de Bonneville ? Là aussi, aucun éclaircissement ne peut être apporté. Devant tant d'incertitudes, il paraît préférable de dresser la liste des personnes dont le patronyme est un dérivé de "roues" et de souligner d'un trait les seigneurs avérés de Reux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 C - LE MOULIN

Un acte de 1221, confirmé en 1302, fait état du moulin de RICINEVVELLE, de Richefontaine (20). La fonction du moulin n'est pas précisée, mais, cette année-là, Radulfo de Rotis en acquittait les droits. Il est tentant de situer le moulin sur le ruisseau de la Fontaine Vertefeuille, à peu de distance de celui qui subsiste à Saint-Hymer sur le même cours d'eau.

 

 D - LA FORET DE REUX

La forêt est le massif à l'ouest du manoir du bois Tillard.

       a) Son rattachement au duché de Normandie.

Les seigneurs de Reux n'ont jamais eu la jouissance de la forêt de Reux. Elle avait été attachée au patrimoine des ducs de Normandie. La province reconquise, en 1204, la forêt appartenait à la couronne de France.

Unie au duché, la forêt a été faite "sergenterie". Un sergent, nanti d'un pouvoir de police, était chargé de sa surveillance et devait rendre compte de sa mission au seul duc. Ces dispositions prises, vraisemblablement par Guillaume-le-Conquérant, apparaissent tardivement dans les textes, au XVe siècle. Le fait n'est pas exceptionnel.

 

Le 25 janvier 1451, Jean Roussel, sergent, commis à la surveillance de la forêt, se voit rappeler les devoirs de sa charge :

"il avait l'obligation de se rendre au château de Bonneville, armé en archer avec deux chiens, quand le roi s'y trouvait. L'un des deux chiens devait avoir, en permanence, une cloche au cou" (21).

Le rituel qui régit les contacts entre le roi et le sergent est tout à fait dans le goût du XIe siècle. D'autre part, la gestion efficace de la forêt impliquait la présence assidue au château d'un roi ou d'un duc. Les rois de France ont ignoré leur résidence de Bonneville et les ducs, successeurs de Guillaume, la négligeaient. Le rattachement de la forêt de Reux au patrimoine du duché de Normandie est une initiative de Guillaume-le-Conquérant.

 

       b) La forêt de Reux devient le bois Tillard.

Avant 1050, Guillaume-le-Conquérant établit une baronnie à Roncheville. Il la confie à Robert Bertran, un viking. Un parent de ce Robert, Guillaume, a pris part à la conquête de l'Angleterre.

 

Constitué d'une bande de terre, en bordure du littoral de la Manche, entre la Touques et la Dives, le territoire initial de la baronnie est très exposé. Robert Bertran doit assurer sa défense. Il élève une butte de terre ceinturée d'un fossé profond, une motte féodale. Il l'installe à 80 m à l'ouest de la Touques et à 80 m au sud de la route de Beaumont-en-Auge à Saint-Martin-aux-Chartrains, la D 58.

 

Au XIIe siècle, les barons de Roncheville sont appelés à des postes de responsabilité, deux seront maréchaux de France. Leur devoir de défense n' en demeurait pas moins. Un baron décide de remplacer la motte féodale, dépassée, par une enceinte fortifiée. Faite d'un massif de silex cimentés à la chaux et à l'argile, surmonté d'une palissade en bois elle était entourée d'un fossé. Elle est construite au sommet du Mont Roty à Saint-Etienne-la-Thillaye, à un kilomètre à l'ouest de la Touques (22).

 

La conception et le commandement de l'enceinte fortifiée sont confiés à Robert d'Angerville, un autre viking. L'homme est expert, il a édifié un système de défense identique dans le village qui porte son nom, à l'est de Dozulé. Son séjour à Saint-Etienne-la-Thillaye lui a valu le surnom de Robert dit le Tillard ou le Teillard (23).

 

A Saint-Etienne, les lits des cours d'eau sont à des niveaux inférieurs à celui du Mont Roty. Les eaux, pour remplir le fossé, ne pouvaient venir que d'un lieu plus élevé et proche du mont. Les eaux de pluie, peut-être collectées depuis la forêt de Reux, ont été canalisées et dirigées vers le fossé de l'enceinte par le chemin du bois Amiot à Saint-Etienne. Le canal, d'une centaine de mètres, qui joignait une boucle du chemin au fossé de l'enceinte, subsiste.

 

Depuis l'édification de l'enceinte et l'alimentation en eau de son fossé, la forêt de Reux est dénommée le bois Tillard.

 

Robert d'Angerville s'est opposé à la reconquête du duché de Normandie par Philippe-Auguste, en 1204. Le baron de Roncheville, qui l'avait pressenti, a fait de même. Robert d'Angerville a été déchu de tous ses droits et ses biens ont été dispersés. Parmi ces biens figuraient les terres à Reux. Elles formaient un quadrilatère irrégulier, limité au nord par la nouvelle route de Pont-l'Evêque à Beaumont-en-Auge, la D 118, à l'ouest, par la D 280, et au sud, par l'ancien chemin de Beaumont à Pont-l'Evêque, lequel rejoint la nouvelle route, peu après le lieu d'Angoville.

 

Sans être une certitude, le lieu d'Angoville, dit aussi d'Angeville, peut être une altération d'Angerville.

 

Ce passage appelle une remarque. Le duché de Normandie a été remis à Rollon, un viking, en 911. A la fin du XIIe siècle, l'ascendance nordique du duc de Normandie était atténuée, il n'en était pas de même des structures en contact avec les populations. Dans cette région du nord du Pays d'Auge où les mots d'origine scandinave abondent, l'occupation, surtout danoise et norvégienne, s'est longtemps maintenue.

 

 

 

   E - LES LIEUX DE CULTE

Le village de Reux a compté trois lieux de culte :

- l'église paroissiale Saint-Etienne

- la chapelle du château Bienheureuse Marie (Beata Maria)

- un temple protestant dont la place était visible au XIXe siècle (24).

 

L'église Saint-Etienne

L'église regroupe deux périodes de construction. Une tour, mélange de styles roman et gothique, des XIIe et XIIIe siècles et le reste de l'édifice est du XVIe siècle.

 

Les desservants de l'église Saint-Etienne

- 1438 : Jean Pinchon (25).

- 1462 : Etix de Murdrac, curé et seigneur de Reux (26).

- 1480 : Jean Grengues, mort le 13 janvier (27).

 

1066

Anquetil, Ansgot, Geoffroy et Serlon de Ros ont accompagné Guillaume à la conquête de l'Angleterre.

1176

Robert de Ros est responsable des approvisionnements du château de Bonneville (5). Il devait en être le capitaine.

1195

Robert de Ros est vicomte de Bonneville (6). Il est en réalité responsable de l'administration de la vicomté, laquelle sera rattachée à la vicomté d'Auge, au XIIIe siècle.

1196

Robert de Ros est incarcéré comme complice de l'évasion de Hugues de Chaumont, détenu au château (7). Ce même Robert de Ros est cité dans le Cartulaire de Troarn (8) au XIIe siècle.

1212

Hue de Ros, chevalier, est condamné par contumace pour meurtre (9).

1239

Hervé de Rotis, chevalier, fait don, au prieuré de Saint-Hymer, d'une rente perpétuelle de 20 sous tournois (10).

1253

Laurent le Chambellan, fils de Mathilde de Ros, ratifie une donation de sa mère aux abbés de Saint-Ouen de Rouen (11).

1309

Richard de Rotis est militaire, et le fils de Hervé (12).

1312

Maître Guillaume de Ros a un étal aux halles de Pont-l'Evêque (13).

1312

Geoffroy de Roes remet deux éperons de fer au roi de France, en qualité de seigneur de Reux (14).

Regnault de Reux doit être le dernier représentant de la dynastie.

Il est intéressant de noter que le village est dénommé Reux depuis la fin du XIVe siècle.

1458

X de Murdrac (18).

1462

Etix de Murdrac est seigneur de Reux et prêtre. Il dessert la paroisse Saint-Etienne (19).

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